23 août 2008

Face à l'urgence, réussissons l'union des écologistes

Il y a 20 ans, en 1988, le GIEC, (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), était crée à l'occasion de la conférence mondiale sur le climat à Toronto. Depuis, chaque année, ses membres confirment et amplifient l'alerte environnementale. Lord May, Président de l'Académie des Sciences du Royaume Uni, n'a lui-même pas hésité à prononcer en novembre 2005 cette phrase choc : « Le dérèglement climatique est une arme de destruction massive ! ».

La lutte contre le réchauffement de la planète est donc sur toutes les lèvres depuis maintenant deux décennies. Pourtant celui-ci ne cesse de s'accélérer. Tout comme les catastrophes qui lui sont imputables. Les récentes et dramatiques « émeutes de la faim », consécutives aux bouleversements climatiques, à l'envolée des prix du pétrole, au boom des agro carburants et à l'utilisation des OGM destinés au bétail des riches surconsommateurs de viande en sont l'ultime exemple. Celui-ci vient illustrer une fois encore, le terrible engrenage qui lie les crises environnementales, économiques et sociales lesquelles s'accompagnent inévitablement du recul des libertés individuelles et des Droits de l'Homme. Et, dans le même temps, l'érosion de la biodiversité, moins étudiée, moins médiatisée, à coup d'artificialisation, d'intoxication, de fractionnement et de prédation est tout aussi préoccupante.

Face à la frilosité des partis traditionnels, incarnons une politique écologiste radicale et efficace

Notre planète est en danger. La question écologique et ses conséquences en terme de pauvreté et d'exclusion seront l'enjeu central de ce siècle. Face à l'urgence, les réponses que nous devons apporter ne s'accommoderont pas de retards et encore moins de demi-mesures. Ces réponses seront d'abord politiques. Bien sûr, nous ne nous faisons aucune illusion sur la communication de l'Elysée et nous mesurons son cortège délétère de laminage des droits humains et sociaux. Mais nous ne sommes pas moins frustrés du bilan de notre espace historique, la gauche, et de ses intentions en matière d'écologie.

La récente prise de conscience environnementale des partis traditionnels ne suffira pas, loin s'en faut, tant ces derniers restent prisonniers des lobbies industriels et économiques, nourris des mythes de la compétition et de l'exclusive solution technologique à tout problème. A l'idéologie de la croissance, encore aujourd'hui présentée comme unique alternative pour un monde meilleur, il nous faut convaincre de l'urgence à s'engager sans attendre vers la réduction de notre empreinte écologique et vers une sobriété conviviale et épanouissante. Cette transition doit être culturelle, démocratique. Les plus pauvres doivent y trouver appui et réponses à leurs attentes, les jeunes, _expression_ et espoir et la diversité doit être vécue comme une richesse.

C'est pourquoi il est plus que jamais nécessaire de faire des Verts le parti capable de rassembler le peuple de l'écologie, autonome, incarnant une politique écologiste moderne, radicale et efficace, une écologie humaniste, une écologie décomplexée.

Notre parti doit non seulement être celui qui porte l'indispensable remise en cause du modèle productiviste, mais aussi celui qui rend cette transition vivable pour tous. Et pour cela, lier mutation écologique, partage des richesses (au niveau national et planétaire) et conquête de nouvelles libertés, dont la réhabilitation de la place de la culture. C'est pourquoi l'écologie se doit d'être une écologie qui s'adresse à tous, une écologie populaire, et non une écologie élitiste qui renforcerait les discriminations entre les plus fragiles et les plus favorisés

Est il besoin de préciser qu'une politique efficace passe aujourd'hui par la coordination de politiques au moins continentales ? Pas de politiques écologistes, notamment face au changement climatique, sans Europe politique, à chaque étape plus fédérale.

Redevenons un parti défricheur et diffuseur d'idées

Cet objectif souffre pourtant de handicaps : l'image que nous renvoyons aujourd'hui n'est pas à la hauteur de cette ambition. Le travail que nous produisons, particulièrement au niveau local n'est pas connu, évalué, partagé, valorisé. Le décalage est gigantesque entre la popularité des questions écologiques et notre crédibilité dont le premier effet est le début d'une lente marginalisation des Verts sur la scène politique nationale. L'ensemble étant aggravé par notre côté donneurs de leçons mâtiné de cuisines politiciennes. Certes, notre crédibilité municipale, confirmée en 2008, nous donne des raisons d'espérer. Mais comment prétendre changer le monde si nous ne parvenons plus à nous faire entendre au-delà de l'échelle locale ? Face à ce constat, il nous faut dés aujourd'hui insuffler une énergie nouvelle et durable pour que Les Verts redeviennent ce parti défricheur et diffuseur d'idées qui a tant contribué à la prise de conscience écologique.

La rénovation de notre fonctionnement interne initiée depuis un an et qui devra se conclure en 2009 en est une étape essentielle. Donnons-nous enfin une organisation qui applique l'efficacité énergétique à son fonctionnement, où l'essentiel de notre temps soit consacré à l'externe et non à l'interne, où l'on s'enrichisse de l'expérience accumulée. Une structure où ceux qui mènent les combats en notre nom sont soutenus, où l'on tisse des partenariats durables avec les acteurs sociaux et associatifs, un parti qui s'inscrive pleinement dans son organisation internationale et valorise cette présence planétaire. Un parti dont soit fier et où l'on ait plaisir à militer ensemble.

Dés 2009, rassemblons autour d'un projet européen commun de justice environnementale et sociale

Mais il nous faut également retrouver une attractivité nous permettant de grandir et de nous ouvrir vers l'extérieur. Comment affirmer que Les Verts sont le parti de l'écologie politique, si des personnalités unanimement reconnues comme écologistes - à commencer par Nicolas Hulot et José Bové - en sont absents ?Notre brève histoire prouve que nous nous sommes renforcés chaque fois que nous avons fait l'effort de nous rassembler et de nous ouvrir. .

C'est pourquoi nous proposons d'initier dés 2009 un processus qui soit l'équivalent d'un « congrès d'Épinay » des écologistes, dans ce que cette référence induit en terme de dépassement des structures pour faire converger les forces. Ce « Congrès d'union de l'écologie politique » serait une étape décisive pour que naisse un large rassemblement des écologistes autour d'un projet commun de justice environnementale et sociale.

Parallèlement, les Européennes de 2009 et les Régionales de 2010 seront l'occasion d'incarner cette nouvelle ambition, grâce à des listes autonomes incarnant le rassemblement à ces deux scrutins. C'est une fois ces étapes franchies, sur la base de la démonstration faite de la représentativité de l'écologie politique, que se posera alors la nécessaire question des alliances avec les autres formations de gauche et dans quelles conditions aborder les échéances nationales de 2012, déterminantes pour apporter les réponses que nous souhaitons à la crise écologique.

Oui, il y a une place pour une force politique écologiste autonome qui à terme pourrait être une réponse centrale à la tentation capitaliste et aux errances de certains de nos partenaires dont la seule actualisation des valeurs de Jaures soit de devenir libéraux"

Oui, plus que jamais la gauche a besoin d'un parti Vert qui ne perde pas le cap et qui soit fort !

Oui, nous voulons être fiers d'être Verts !

PremierEs signataires :

Henri Arevalo ; Nicole Azarro ; Denis Baupin ; Driss Benjebara ; David Berly ; Benoît Berthé ; Vincent Bessat ; Marie-Christine Blandin ; Aurélie Bleton ; Benjamin Bibas ; Jean-François Bocquet ; Maryvonne Boileau ; Catherine Calmet-Reberioux ; Pascale Bonniel-Chalier ; Joëlle Boulay ; Khedidja Bourcart ; Clarissa Carillo ; Rayanne Chawaff ; Roland Comte Jean-François Coriolle ; Françoise Coutant ; Francesca Dandolo ; Ronan Dantec ; Florence De Massol ; Jeannick Deltour ; Bernard Despierre ; Denis Drouhet ; Sylvie Duffrene ; Jean-Luc Dusmenil ; René Dutrey ; Eve Duvère ; Hervé Fagard ; Mireille Ferri ; Marie-Claude Fournier ;Nathalie Gandais-Riollet ; Marina Girod de l'Ain ; Evelyne Honoré ; Pascal Julien ; Bertrand Jullien ; Stephen Kerckhove ; Pierre Kermen ; Xavier Knowles ; Karim Laanaya ; Antoine Lagneau ; Martine Lebranchu ; Jean-Luc Leseigneur ; Alain Lipietz ; Loic Lorenzini ; Noël Mamère ; Renaud Martin ; Sébastien Meric ; Patrick Meslé ;Erwann Minvielle ; Jean-Paul Morel ; Christophe Najdovski ; Luc N'Guyen ; Pascale Ourbih ; Caroline Quazzo ; Eric Quiquet ; Christophe Ribet ;Charles Rémy ; Alain Rigoult ; Loic Robert ; Marie-Anne Robert-Kerbrat ; Michèle Rubirola ; François Saunier ; Eric Schultz ; Sabrina Schliwanski ; Pierre Serne ; Frédéric Steinberg ; Djamila Sonzogni ; Gérard Sonzogni ;Michèle Zémor

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