25 octobre 2006
Ni l’eau ni l’énergie, ne sont une marchandise
L’INTERVIEW DU JOUR
Ni l’eau ni l’énergie, ne sont
une marchandise
PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-FRANÇOIS REBISCHUNG
Aujourd’hui, les Verts se retrouvent en convention nationale à Lille pour débattre de l’avenir des services d’intérêt général, comme l’eau ou l’énergie. Secrétaire régional, Bernard Despierre nous explique pourquoi il faut repenser la question au niveau européen.
Pourquoi les Verts se réunissent-ils aujourd’hui pour débattre de l’avenir des services d’intérêt général et des services publics ?
- L’idée nous était venue à la suite de nos discussions sur le référendum européen où l’on avait beaucoup débattu des services publics, du modèle français et des manières de les aborder quand on les appelle services d’intérêt général au plan européen. Ce sont des points sur lesquels nous souhaitions avancer en tant qu’écologistes.
Comment va se dérouler cette convention ?
- Ce matin, nous aurons des tables rondes auxquelles participeront nos députés européens Alain Lipietz et Hélène Flautre. Cet après-midi, nous travaillerons en ateliers sur la manière de définir quels sont les services qui doivent être considérés comme relevant de cet intérêt général, sur leur contrôle démocratique et sur la place des usagers dans leur définition et leur évaluation. Autre point important : il faut qu’on sache à quel acteur opérationnel la réalisation de ces services doit être confiée.
Pourquoi rénover cette notion de service d’intérêt général et comment ?
- En s’appuyant sur ce qui se fait au niveau européen. C’est-à-dire que l’on ne peut plus s’arc-bouter sur une conception purement hexagonale. Si l’on prend l’exemple de la gestion de l’eau, il est nécessaire que l’on réfléchisse tous ensemble, notamment sur qui a le contrôle, sur qui gère ou sur qui définit le bien commun. Et que l’on fasse des propositions concrètes. Doit-on laisser la gestion de ce bien aux multinationales, ou est-ce que le citoyen a encore quelque chose à dire ? Ça ne veut pas forcément dire qu’il faut tout nationaliser ou municipaliser... Cela vaut pour l’eau, mais aussi pour l’énergie. Est-ce qu’il faut avoir un service comme EDF, ou est-ce que l’on peut inventer d’autres pratiques puisque l’énergie est un bien planétaire ? Chez les Verts, on est ouvert à la mixité des fonctionnements. Mais s’agissant de questions capitales pour le devenir de l’humanité, il faut un débat et qu’il se fasse démocratiquement. Qu’on ne nous demande pas simplement « oui » ou « non », comme pour la Constitution européenne. Car, ni l’eau ni l’énergie, ne sont une marchandise.
Est-ce aussi à rapprocher de ce que les Verts prônent en matière d’économie, c’est-à-dire le développement humain ?
- Oui, car le développement humain – soit le respect de la personne et de sa qualité de vie – est au coeur de la pensée écologiste et on doit toujours avoir cette préoccupation quand on définit ensemble le bien commun. Le bien commun qui ne doit pas être la propriété d’une petite partie de la population. •
On ne peut plus s’arc-bouter sur une conception hexagonale pour la gestion des services d’intérêt général... Il faut inventer d’autres pratiques.
11:20 Publié dans Le Bien Commun | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : despierre, écologie, planéte, nord pas de calais








