20 novembre 2009

Versailles : Procès des 58 faucheurs volontaires

Despierre la tête dans les nuages.JPG

16 février 2009

16 février 1979 : Mercure changé en Bastille par le "Désespoir et la Fureur" - partie 1

La crise d'état permanente à Tourcoing & Roubaix !

30 ans après ! C'est comme si j'y étais encore. Quand je suis rentré à la maison, yeux larmoyants brulés par les lacrymos (nous habitions alors au 8 de la rue de Valmy à Tourcoing) Annick s'était montrèe très inquiète de ce que relatait alors les radios. Il n'y avait ni téléphone portable, ni SMS, ni internet ... Les informations répercutaient les violences déclenchées par les CRS faces aux manisfestants. Elle craignait pour le jeune père de famille que j'étais et elle avait raison tant le climat fut hyper tendu ce jour là.

C'était la crise. 30 ans après : c'est toujours la crise !

Mais avant d'en tirer des conclusions, je vous restitue une partie des articles de la presse locale de 1979 (hé oui, je suis un incorrigible collectionneur ...)

16 février 1979 : Mercure changé en Bastille par le "Désespoir et la Fureur"

Nord Eclair du 17 février 1979

Vendredi matin, le thermomètre marquait -6. Cette température peu engageante, aggravée par des rafales de vent glacial, n'a pas tiédi la détermination des travailleurs de l'agglomération, qui à l'appel de leurs organisations syndicales, se sont réunis à plusieurs milliers pour exprimer leur mécontentement ...

Venus de la Vallée de la Lys, de Roubaix, de Tourcoing, de Wattrelos et des communes voisines en cortèges lourds mais paisibles, les manifestants, dont le nombre grandissait sans cesse furent près de cinq mille à se présenter devant l'immeuble Mercure lequel avait été choisi pour objectif par les syndicats.

Venant du Blanc Seau, où les cortèges de Tourcoing et de Roubaix avaient fait la jonction, les manifestants arrivèrent devant le Mercure dont les abords étaient défendus par de frêles barrières de clôture et l'entrée par une vingtaine d'agents de police. Ni les premières, ni les seconds ne résistérent longtemps à la poussée de cette marée humaine dont les vagues se répandirent dans les jardins de l'immeuble. Le terrain avait été conquis sans heurt.

Mais, à peine les premiers manifestants avaient-ils franchis les clotûres qu'un cordon de CRS et de gardes mobiles, dont les véhicules étaient en partie dissimulés derrière l'immeuble, prit place, devant l'entrée pour en interdire l'accès. A ce moment-là, l'atmosphère sembla virer de ton en même temps que naissait une tension jusqu'alors absente de la manifestation.

Bientôt les manifestants, parmi lesquels beaucoup de jeunes, et les CRS se trouvèrent dans un éprouvant face à face où chaque geste, chaque propos paraissait tendre un invisible ressort.

Quelques galets arrachés à la décoration des parterres et lancés de loin par des mains anonymes vinrent rebondir sur les boucliers noirs tandis qu'un cocktail molotov frappait la façade de l'immeuble provoquant un début d'incendie.

Alors d'un seul coup, le ressort se détendit. Il y eut une bousculade. Des bras se levèrent et s'abattirent, armés de matraques, sur les plus proches des manifestants qui s'écartèrent en faisant les dos rond. On transporta à l'intérieur une jeune fille dont les cheveux blonds étaient tachés de sang tandis qu'une autre, les larmes aux yeux et la rage au coeur insultait le CRS qui l'avait frappée.

La tension monta d'un autre degré. Des pétards éclaterent ici et là, un manifestant grimpé dans un arbre déploya une longue banderole rouge tandis que plus loin, un groupe faisait flamber des mannequins. Alors que des délégués s'époumonaient en vain, les jets de pierres reprirent, faisant voler en éclat des vitres du batîment.

La masse des manifestants se faisant de plus en plus pressante sur le cordon de sécurité, des élus tentèrent de s'interposer notamment le maire de Tourcoing (Guy Chatilliez) et plusieurs de ses adjoints mais la précédente échauffourée avait attisé les esprits, et, aux cris de "ho hisse!" les manisfestants commencèrent à vouloir déborder les CRS.

Alors ceux ci firent usage de leurs grenades lacrymogenes pour disperser les assaillants qui se replièrent en désordre vers le boulevard Gambetta.

Pendant quelques temps encore certains groupes trainerent aux abords de l'immeuble tentant même de dresser une barricade sur le boulevard mais finalement la raison l'emporta.

Un cortège se reforma qui prit la direction de Roubaix.

 Partie 2 (à la frappe) : 5000 manisfestants à Roubaix-Tourcoing

19 avril 2007

4 - Moment d'écologie populaire : Cinq minutes par René Dumont et cinq minutes par Dominique Voynet

medium_DV_revolution_ecolo.2.jpgA quelques jours de l'achèvement de cette campagne des présidentielles 2007, au moment où Dominique Voynet, la candidate des Verts et des écologistes se présente devant les Français, je vous propose aujourd'hui deux documents audiovisuels.

medium_RENE_DUMONT_004_0001.jpgLe premier, acheté à l'INA, présente les cinq dernières minutes de la campagne officielle de René Dumont, candidat à l'élection présidentielle de 1974.

Ce document fait partie de ma série "Moments d'écologie populaire". Suite au reportage présenté il y a quelques jours, René Dumont y est d'une étonnante actualité !

Le deuxième est un document audio enregistré par Dominique Voynet. Pour l'écouter, cliquez sur : "Prenez cinq minutes pour ne pas perdre cinq ans"

POUR FAIRE DE L'ECOLOGIE, IL FAUT DES ECOLOGISTES !

3 - Moment d'écologie populaire : René Dumont et Dominique Voynet à Lille

dimanche 8 avril 2007 

A deux semaines de l'élection présidentielle d'avril 2007 voici un document qui conserve sa fraicheur et toute son actualité.

Plus de 20 ans ans après son premier combat présidentiel René Dumont, agé de 91 ans, vient apporter son soutien inconditionnel à Dominique Voynet alors candidate des Verts en 1995.

Tout y est : l'écologie, l'antiproductivisme, la gauche et l'inutilité du vote utile ...

Un document vidéo acheté à l'Institut National de l'Audiovisuel qui, je l'espère, me pardonnera cette salutaire diffusion.


D.Voynet  à Lille en 1995
Vidéo envoyée par bernardespierre

01 mars 2007

2 - Gravelines, un moment d'écologie populaire

1 - 1980 : Plogoff, un moment d’écologie populaire

medium_logo.jpgArticle emprunté à la revue ECOREV, que les rédacteurs (hein Bruno !) ne m'en veuillent pas !

N'hésitez pas à vous rendre sur cet excellent site !

Gérard Borvon a milité en 1980 contre l’installation de la centrale nucléaire de Plogoff, près de la pointe du Raz.

Pendant les six semaines de l’enquête publique, les élus municipaux de Plogoff soutiennent les antinucléaires et la population opposée au projet... Au moment où le lobby nucléaire reprend l’offensive, on se souvient de Plogoff.

Six semaines de guérilla - pierres contre fusils - qui, pour la première fois, ont fait reculer EDF [1]. "Etonnant Plogoff" écrivait Yann Kermor dans un article de Libération de février 1980, "Etonnant Plogoff qui mènera décidément sa lutte antinucléaire en dehors des sentiers battus du militantisme traditionnel".

Le militantisme traditionnel en 1980 ? Des cortèges syndicaux de plus en plus clairsemés. Des grèves de 24 heures bien encadrées pour faire oublier les grandes frayeurs de 68. Des partis politiques à bout de course. "D’où peuvent sortir tous ces gens quand on sait que nos quatre grands partis politiques sont globalement favorables à l’énergie nucléaire", s’interrogeait, de son côté, Bernard Chapuis dans son billet du Monde, à propos des milliers de personnes régulièrement présentes aux rendez vous du Cap [2].

Oui, quelque chose de neuf était en train de naître. Une population de pêcheurs, de marins au "commerce" ou à la "royale", de retraités, entrait en rébellion au grand étonnement des autorités de l’Etat. Que cette population accueille, chez elle, sans trop sourciller, les centaines de jeunes des comités antinucléaires spontanément créés après le naufrage de l’Amoco Cadiz [3] et leur fameux slogan "Mazoutés aujourd’hui, radioactifs demain", voilà qui était réellement sidérant... D’autant plus que se trouvaient au cœur de cette dynamique les "femmes de Plogoff" [4] ! Et les voilà qui refusent la parole des "technocrates officiels" et qui organisent eux-mêmes leur information : scientifiques locaux mis à contribution, GSIEN [5] régulièrement invité, et même des syndicalistes CFDT de La Hague et leur film Condamnés à réussir [6].

medium_clip_image002.jpgEt les voilà encore qui sortent du Cap pour militer ailleurs : le Larzac, Chooz, Flamanville, Golfech [7]. Et encore plus loin : des paysans japonais luttant contre la construction de l’aéroport de Narita, des pêcheurs de Minamata intoxiqués par le mercure... Et tout cela avec cette certitude de gagner en pensant déjà à l’après Plogoff et à la mise en oeuvre d’un "projet alter breton". Pour une Bretagne sans pétrole et sans nucléaire. "Il est temps", disaient-ils, "de tuer des mythes qui ont la vie dure, et en particulier celui du "modèle de développement industriel" qui apporterait le bonheur à l’humanité. On produit et on vend n’importe quoi pourvu que ça rapporte. Qu’importe si les matières premières s’épuisent, si certaines régions sont véritablement laminées par ce rouleau compresseur." Oui, il s’est passé quelque chose de neuf à Plogoff dont ont pu être témoins les milliers de personnes venues sur place soutenir la lutte et participer à des fêtes aussi mémorables que celle de la baie des Trépassés qui a clôturé les longues semaines "d’occupation".

Si ceux de Plogoff et leurs alliés se désignaient alors comme des "résistants" et surtout pas comme des "écologistes", ils savent, à présent, que l’aventure qu’ils ont vécue était un de ces grands moments "d’écologie populaire" dont nous rêvons qu’ils reviennent au plus vite.

Gérard Borvon

Bibliographie :

  • Gérard Borvon, Plogoff, un combat pour demain, Editions Cloître, 2004. EcoRev’ n°10 (automne 2002),
  • "Scénarios pour une France sans nucléaire". EcoRev’ n°20 (été 2005),
  • "Energie : à contre-courant".

 

  • [1] Cf. le documentaire de Nicole et Félix Le Garrec qui ont filmé jour après jour la lutte de Plogoff : Plogoff, des pierres contre des fusils (1981).
  • [2] Cap Sizun, à la pointe duquel se trouve Plogoff, dans le Finistère.
  • [3]Suite à une avarie, L’Amoco Cadiz échoue près du Finistère en mars 1978. 223 000 tonnes de pétrole brut polluent le littoral sur près de 360 kilomètres.
  • [4] Les femmes (de marin, notamment) ont joué un rôle central dans la lutte de Plogoff. Cf. Renée Conan et Annie Laurent, Femmes de Plogoff, éd. Renée Conan et Annie Laurent, 1981.
  • [5] Groupement des Scientifiques pour l’Information sur l’Energie Nucléaire, groupe qui fournit une contre-argumentation au discours d’EDF. Il est le prolongement de l’"Appel des 400" (4000, un an plus tard).
  • [6] Condamnés à réussir réalisé par François Jacquemain (1976) raconte la construction de l’usine de retraitement des déchets irradiés de la Hague (sans consultation des habitants).
  • [7] En août 1973, 50 000 personnes marchent sur le plateau du Larzac contre l’extension d’une zone militaire.D’autres rassemblements ont lieu dans les années qui suivent (voir notre article dans ce numéro). De janvier à novembre 1982 ont lieu des manifestations antinucléaires à Chooz dans les Ardennes. Les sidérurgistes de Vireux se joignent au mouvement. Des protestations ont également eu lieu autour des centrales de Flamanville (de 1975 à 1982, puis depuis 1989) et Golfech.