16 février 2009
16 février 1979 : Mercure changé en Bastille par le "Désespoir et la Fureur" - partie 1
La crise d'état permanente à Tourcoing & Roubaix !
30 ans après ! C'est comme si j'y étais encore. Quand je suis rentré à la maison, yeux larmoyants brulés par les lacrymos (nous habitions alors au 8 de la rue de Valmy à Tourcoing) Annick s'était montrèe très inquiète de ce que relatait alors les radios. Il n'y avait ni téléphone portable, ni SMS, ni internet ... Les informations répercutaient les violences déclenchées par les CRS faces aux manisfestants. Elle craignait pour le jeune père de famille que j'étais et elle avait raison tant le climat fut hyper tendu ce jour là.
C'était la crise. 30 ans après : c'est toujours la crise !
Mais avant d'en tirer des conclusions, je vous restitue une partie des articles de la presse locale de 1979 (hé oui, je suis un incorrigible collectionneur ...)
16 février 1979 : Mercure changé en Bastille par le "Désespoir et la Fureur"
Nord Eclair du 17 février 1979
Vendredi matin, le thermomètre marquait -6. Cette température peu engageante, aggravée par des rafales de vent glacial, n'a pas tiédi la détermination des travailleurs de l'agglomération, qui à l'appel de leurs organisations syndicales, se sont réunis à plusieurs milliers pour exprimer leur mécontentement ...
Venus de la Vallée de la Lys, de Roubaix, de Tourcoing, de Wattrelos et des communes voisines en cortèges lourds mais paisibles, les manifestants, dont le nombre grandissait sans cesse furent près de cinq mille à se présenter devant l'immeuble Mercure lequel avait été choisi pour objectif par les syndicats.
Venant du Blanc Seau, où les cortèges de Tourcoing et de Roubaix avaient fait la jonction, les manifestants arrivèrent devant le Mercure dont les abords étaient défendus par de frêles barrières de clôture et l'entrée par une vingtaine d'agents de police. Ni les premières, ni les seconds ne résistérent longtemps à la poussée de cette marée humaine dont les vagues se répandirent dans les jardins de l'immeuble. Le terrain avait été conquis sans heurt.
Mais, à peine les premiers manifestants avaient-ils franchis les clotûres qu'un cordon de CRS et de gardes mobiles, dont les véhicules étaient en partie dissimulés derrière l'immeuble, prit place, devant l'entrée pour en interdire l'accès. A ce moment-là, l'atmosphère sembla virer de ton en même temps que naissait une tension jusqu'alors absente de la manifestation.
Bientôt les manifestants, parmi lesquels beaucoup de jeunes, et les CRS se trouvèrent dans un éprouvant face à face où chaque geste, chaque propos paraissait tendre un invisible ressort.
Quelques galets arrachés à la décoration des parterres et lancés de loin par des mains anonymes vinrent rebondir sur les boucliers noirs tandis qu'un cocktail molotov frappait la façade de l'immeuble provoquant un début d'incendie.
Alors d'un seul coup, le ressort se détendit. Il y eut une bousculade. Des bras se levèrent et s'abattirent, armés de matraques, sur les plus proches des manifestants qui s'écartèrent en faisant les dos rond. On transporta à l'intérieur une jeune fille dont les cheveux blonds étaient tachés de sang tandis qu'une autre, les larmes aux yeux et la rage au coeur insultait le CRS qui l'avait frappée.
La tension monta d'un autre degré. Des pétards éclaterent ici et là, un manifestant grimpé dans un arbre déploya une longue banderole rouge tandis que plus loin, un groupe faisait flamber des mannequins. Alors que des délégués s'époumonaient en vain, les jets de pierres reprirent, faisant voler en éclat des vitres du batîment.
La masse des manifestants se faisant de plus en plus pressante sur le cordon de sécurité, des élus tentèrent de s'interposer notamment le maire de Tourcoing (Guy Chatilliez) et plusieurs de ses adjoints mais la précédente échauffourée avait attisé les esprits, et, aux cris de "ho hisse!" les manisfestants commencèrent à vouloir déborder les CRS.
Alors ceux ci firent usage de leurs grenades lacrymogenes pour disperser les assaillants qui se replièrent en désordre vers le boulevard Gambetta.
Pendant quelques temps encore certains groupes trainerent aux abords de l'immeuble tentant même de dresser une barricade sur le boulevard mais finalement la raison l'emporta.
Un cortège se reforma qui prit la direction de Roubaix.
Partie 2 (à la frappe) : 5000 manisfestants à Roubaix-Tourcoing
20:15 Publié dans 16 février 1979, Moments d'écologie populaire, Tourcoing n'est pas à vendre ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : despierre, tourcoing, les verts, ecologie








